
|
 |
Actualités >
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
Convention de financement du barrage d’Adjarala : Le Togo continue à dresser des obstacles : Le Bénin persiste et signe : touche pas à mon barrage
Rodrigue - 2006-02-16 08:19:03 |
 |
 |
 |
 |

En effet, le 12 décembre 2005 une convention de financement a été signée à Lomé au siège de la CEB entre la Société Oriental Asset & Capital Managment (OACM) une filiale du Groupe Zhong Jia basé à Hong-Kong et la CEB. Au terme de cette convention dont les documents ont été paraphés par le Directeur Général de la CEB, M. Cyr M’PO KOUAGOU et M. Franck YIU FUNG PDG du Groupe Zhong Jia en présence de M. Kokou AGBEMADON, Ministre Togolais des Mines, Energie et Eau, l’OACM a accordé un prêt de 197 milliards F CFA (soit 300 millions d’Euros) à la CEB pour servir à la réalisation d’un programme de développement.
On se rappelle que quelques jours après cette signature de convention, la partie togolaise par lettre du Ministre AGBEMADON a fait une volte-face inexplicable demandant au DG de la CEB de se rétracter. Cette attitude pour le moins surprenante a appelé la réaction de nos voisins béninois pour qui la construction de ce barrage est vitale.
D’ailleurs les arguments développés par le Ministre AGBEMADON ont été réfutés point par point par le Directeur Général de la CEB qui estime que toutes les conditions étaient remplies et que la signature de cette convention ne saurait être remise en cause.
Nous avions publié dans nos colonnes le document du DG de la CEB.
Pour trouver une solution au problème ainsi posé, le Haut Conseil Interétatique de la CEB s’est réuni le 27 janvier 2006 à Cotonou. Au cours de cette réunion, sur instigation de la partie togolaise, un audit financier de la Convention de financement a été demandé. En voici les termes :
«AMENAGEMENT HYDRO-ELECTRIQUE D’ADJARALA
Etude complémentaire pour le financement du programme de développement de la CEB
PROPOSITION TECHNIQUE ET FINANCIERE
Conformément aux termes de référence fournis par la CEB (annexés à la présente proposition), les prestations d’études complémentaires réalisées par Coyne et Beller se décomposent en 4 tâches comme ci-après :
Tâche 1 : Investigation sur la crédibilité du fonds OACM
Coyne et Beller mènera des investigations auprès de différents établissements tels que organismes financiers, postes d’expansion économiques d’ambassades, agences de rotation, etc. afin de collecter des informations et des références concernant le groupe OACM (Oriental & Capital Management), ainsi que du groupe Zhong Jia dont il est filiale L’objectif est d’évaluer la crédibilité et l’assise financière du groupe OACM dans le cadre du financement d’un projet privé de l’importance et de la nature de celui d’Adjarala.
Tâche 2 : Actualisation du coût de sortie du KWh d’Adjarala
Coyne et Beller étudiera et évaluera le coût de sortie du KWh de l’aménagement d’Adjarala en fonction des conditions de financement proposée. En se basant sur l’évaluation du projet réalisé par COB en 2004, actualisé selon les conditions de 2006, pour la variante retenue (puissance installée 147 MW – trois groupes), et en fonction des informations tirées de la convention de financement que la CEB communiquera à COB, on évaluera le prix de vente du KWh (année par années) qui assure l’équilibre des flux financiers de la CEB liés à la mise en œuvre et à l’exploitation de l’aménagement.
Tâche 3 : Indépendance énergétique de la CEB
En fonction des projets qui seront, outre Adjarala, développés grâce au financement du groupe OACM, et dont la CEB nous communiquera les caractéristiques, Coyne et Beller évaluera le degré d’indépendance énergétique acquis par la CEB, ainsi que par les états du Togo et du Bénin, et le comparera à celui qui serait atteint sans ce financement en recourant à l’importation d’énergie.
Tâche 4 : Niveau d’endettement et capacité de remboursement de la CEB
A partir des éléments financiers qui seront communiqués par la CEB sur ses comptes de bilan et d’exploitation, Coyne et Beller établira des prévisions de la situation d’endettement de la CEB et d’équilibre de ses comptes dans le cadre du financement des projets par le groupe OACM. Par ailleurs COB évaluera l’exposition de la CEB, et donc l’incidence sur l’équilibre de ses comptes, aux principaux risques pouvant affecter la réalisation et l’exploitation de ces projets (hydrologique, aléas de chantier, etc.).
Les hypothèses, résultats et conclusions des études et investigations menées par Coyne Beller seront présentés à la CEB à son siège de Lomé le 9 février 2006 au plus tard, et synthétisés dans un rapport final. Ces études seront réalisées sur un maximum de huit jours calendaires à compter de l’ordre de service fourni par la CEB.»
Mais alors que cette étude complémentaire n’est pas encore effectuée par le Cabinet Coyne Beller commis à cette fin, le Ministre AGBEMADON revient à la charge et dans une lettre ‘‘Confidentiel’’ en date du 02 Février courant, adressée à son homologue béninois, demande unilatéralement que l’audit financier soit confié au bureau KPMG.
Cette façon de procéder démontre que le Ministre togolais dresse délibérément des obstacles pour que la Convention signée soit purement et simplement annulée.
Dans le même temps, d’après nos informations, les Béninois n’en démordent pas. Ils veulent leur barrage quitte à prendre en leur seul compte la responsabilité de la réalisation. «Touche pas à mon barrage» tel est le mot d’ordre du côté béninois.
Selon certaines indiscrétions, les béninois seraient prêts, au cas où le Togo persisterait dans sa démarche de blocage à passer outre.
Si cette éventualité venait à se concrétiser, la réalisation du barrage d’Adjarala par le Bénin mettra en péril l’avenir de la CEB et causera un grand tort aux deux pays.
Il est encore temps pour que les dirigeants togolais comprennent qu’à force de tirer sur la corde, celle-ci risque de se rompre avec naturellement de fâcheuses conséquences.
En tout état de cause, s’il y a des doutes sur la crédibilité du bailleur, on n’a pas besoin de faire tout ce remue-ménage. Il aurait suffi d’attendre et d’observer comment la Convention sera appliquée. Et s’il y a carence, le Togo et le Bénin n’auront rien à perdre. Ils feront un constat d’échec et se tourneront vers d’autres bailleurs de fonds qui seront prêts à les accompagner.
La nouvelle dynamique de coopération Afrique-Asie voudra que les Africains fassent preuve de responsabilité pour surmonter les difficultés que leurs amis occidentaux dont les intérêts économiques, financiers et stratégiques sont sérieusement menacés, vont dresser sur le chemin de notre développement.
|
 |
 |
|
 |
 |
|